DRAA KEBILA_SETIF_ALGERIA

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Premières pluies de l'été 2009

Il a fait très chaud à Draa Kébila le 14 juillet 2009 et en fin d'après midi les premières  pluies  de l'été sont tombées. Elles ont rafraîchi la température à l'extérieur mais la chaleur à l'intérieur des maisons a beaucoup augmenté.

Ces pluies ont aussi emporté avec elles la poussière accumulée sur la chaussée et sur les arbres.

Mais de l'avis des vieux fellahs, ces pluies sont mauvaises pour les figuiers et les fruits qu'ils portent en ce moment ; car elles font tomber les figues avant leur maturité. Toutefois, pour les jardins potagers, elles contribuent à leur irrigation ne serait-ce que superficiellement.

Bien qu'orageuses, heureusement que ces pluies n'ont pas commis de dégâts aux cultures maraîchères et au blé. Beaucoup de fellahs ont fauché leur blé et n'attendent que la moissonneuse batteuse pour le battre et le stocker à la maison.

Pour rappel, par le passé, on fauchait le blé et l'orge avec de la faucille et on les battait traditionnellement en faisant tourner dessus 4 à 5 mulets ou des ânes pendant toute la matinée et le soir on procédait manuellement à la séparation des grains de la paille. Pour cette dernière opération, les fellahs utilisaient des herses avec lesquelles ils jetaient la paille et les grains vers le haut et avec l'effet du vent qui souffle doucement, les grains retombaient droit sur le  sol et la paille atterrissait un peu plus loin.

C'est vrai que les temps ont bien changé ; la mécanisation de l'agriculture est maintenant possible; mais le relief accidenté de la région de Draa Kébila constitue un handicap sérieux à tel point que beaucoup d'activités agricoles ont disparu ou tendent à l'être.

Par ailleurs, la régression de l'activité agricole traditionnelle a réduit les opportunités d'emploi dans ce secteur vital. Les travaux collectifs, tels que la twisa notamment au moment des moissons, n'existent plus. De nos jours, les gens ont tendance à demander du travail plutôt que de le créer en cultivant leurs terres.

Heureusement qu'il y a encore quelques uns qui font de leur mieux pour cultiver la terre et transmettre leur savoir faire aux générations montantes. Il faut admettre que ce n'est pas la terre qui n'est pas productive. Avec très peu de moyens, nos parents ont tiré de ces terres montagneuses tout ce dont ils avaient besoin. Avec beaucoup de moyens, notre génération est incapable de produire les aliments agricoles les plus élémentaires.

Economiquement, il est vrai que tant que le coût de production est élevé et qu'il y a possibilité d'acheter les produits agricoles sur le marché, les gens choisissent la solution facile. Mais ce choix est fait au détriment de l'utilisation de toutes les potentialités naturelles et par conséquent la facture familiale s'alourdit de jour en jour surtout lorsque le pouvoir d'achat des pères de familles se détériore.

Donc, nous pensons bien que le retour au travail de la terre permettra à beaucoup de gens de trouver du travail et à d'autres d'améliorer la qualité de leur vie. Toutefois, il est indispensable que l'Etat apporte l'aide à tous ceux qui développent des activités.

Auteur : Rachid Sebbah



16/09/2009
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